Depuis 1981, quelques-uns des plus grands noms de la musique
sont venus jouer à la Salle Paderewski. En voici une poignée, de la marraine du
premier soir aux légendes qui ont marqué ces quarante années.
Brigitte Meyer
Piano, l'âme des Concerts de Montbenon · Concert inaugural du 30 octobre 1981 · Récital le 1er avril 2026
Née à Bienne, elle donne son premier concert à onze ans avant de se former à Lausanne auprès de Denise Bidal, puis à l'Académie de musique de Vienne chez Bruno Seidlhofer (prix Bösendörfer 1971). Première finaliste du Concours Clara Haskil en 1975 et considérée comme une mozartienne hors pair, elle s'est produite au Musikverein de Vienne, à la Tonhalle de Zurich ou au Concertgebouw d'Amsterdam, avec l'Orchestre de la Suisse Romande, les Wiener Symphoniker ou l'Orchestre symphonique de Montréal, sous la baguette d'Armin Jordan, Horst Stein ou Michel Corboz. Partenaire de musique de chambre de Martha Argerich, Maria João Pires ou Pierre Amoyal, elle a enseigné plus de vingt ans à la Haute École de Musique de Lausanne. Sa discographie (Gallo, Doron) va des concertos de Mozart aux intégrales Mendelssohn et Jaques-Dalcroze, et elle est dédicataire du Concerto pour piano de Jean Perrin.
C'est elle qui, aux côtés de Martha Argerich, tenait l'un des deux pianos du concert inaugural de l'ACM le 30 octobre 1981. Depuis ce soir-là, elle est l'âme des Concerts de Montbenon.
Piano, marraine du premier soir · Concert inaugural du 30 octobre 1981
Née à Buenos Aires en 1941, lauréate des concours de Genève et de Bolzano à seize ans puis triomphatrice du Concours Chopin de Varsovie en 1965, Martha Argerich est l'une des plus grandes pianistes de notre temps. Interprète légendaire de Chopin, Schumann, Prokofiev et Ravel, chambriste passionnée et généreuse, elle est établie de longue date sur les rives du Léman.
Le 30 octobre 1981, c'est elle qui inaugurait la Salle Paderewski aux côtés de Brigitte Meyer, deux pianos réunis pour le premier concert de l'ACM, un parrainage inoubliable qui marque l'association depuis plus de quarante ans.
Enfant prodige devenu légende, il donne son premier concert à sept ans et grave à seize le Concerto d'Elgar sous la direction du compositeur lui-même. Au sortir de la guerre, il joue pour les survivants des camps aux côtés de Benjamin Britten, un geste qui dit tout de l'homme. Fondateur du Festival de Gstaad et de l'école qui porte son nom, pionnier du dialogue entre les cultures aux côtés de Ravi Shankar, il fut aussi chef d'orchestre. Anobli par la couronne britannique, il avait fait de la Suisse sa terre d'élection.
Né à Buenos Aires, il donne son premier récital à sept ans et devient l'un des rares musiciens à mener de front, au plus haut niveau, une carrière de pianiste et de chef d'orchestre. Interprète de référence des sonates de Beethoven, qu'il a gravées plusieurs fois, il a dirigé l'Orchestre de Paris, le Chicago Symphony, la Staatsoper de Berlin et la Scala de Milan. En 1999, il fonde avec l'écrivain Edward Said le West-Eastern Divan Orchestra, réunissant de jeunes musiciens israéliens et arabes, l'une des plus belles utopies musicales de notre temps.
Violoncelliste devenu chef, il a bouleversé notre écoute du répertoire ancien. En 1953, il fonde avec son épouse Alice le Concentus Musicus Wien, ensemble sur instruments d'époque qui renouvelle de fond en comble l'interprétation de Monteverdi et de Bach. Son intégrale des cantates de Bach, menée avec Gustav Leonhardt, demeure un monument de la discographie. Il dirigera plus tard les plus grands orchestres modernes, Concertgebouw, Philharmonique de Berlin, Philharmonique de Vienne, sans jamais rien céder de son exigence ni de sa curiosité.
Voix parmi les plus pures du XXe siècle, la mezzo madrilène s'impose dès ses débuts dans Rossini, Rosine, Cenerentola, et dans les rôles mozartiens de Chérubin et de Dorabella. Sa Carmen, qu'elle aborda tardivement et avec une exigence farouche, refusant tous les clichés du personnage, fit date sur les scènes du monde entier. Grande interprète du chant espagnol, de Falla à Granados, elle fut aussi une pédagogue respectée et une figure aimée de son pays.
La pianiste portugaise donne son premier concert public à quatre ans. Mozartienne inspirée, chopinienne d'une rare délicatesse, elle impose un jeu sans esbroufe, tout de transparence et d'écoute. Elle a consacré une part de sa vie à la transmission, créant au Portugal puis en Belgique des lieux où de jeunes musiciens travaillent loin des logiques de carrière, une conception de la musique comme service rendu, et non comme performance.
Son nom reste attaché au Concours Chopin de 1980 : éliminé par le jury, il provoque la démission fracassante de Martha Argerich, qui le proclame « un génie ». Le scandale lance une carrière hors norme. Interprète souverainement libre, aux tempos et aux couleurs qui déroutent autant qu'ils fascinent, il n'a jamais transigé avec sa vision de la musique. Il est ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO.
Né à Buenos Aires en 1941 d'un père violoniste au Teatro Colón et d'une mère pianiste qui fut sa première enseignante, il travaille dès six ans avec Vincenzo Scaramuzza, le maître qui forma aussi Martha Argerich. À sept ans, la poliomyélite le cloue au lit une année durant : on installe un clavier sur son lit, et il continue de travailler. Il en gardera une légère claudication et une volonté intacte.
Débuts au Teatro Colón à quatorze ans, puis à quinze le Concerto de Schumann sous la direction de Lorin Maazel, qui lance sa carrière. Boursier du gouvernement français à dix-neuf ans, il travaille à Paris avec Marguerite Long et obtient en 1961 un prix au Concours Long-Thibaud. Plus de quatre mille cinq cents concerts et les plus grands orchestres du monde plus tard, il reste l'un des beethovéniens et brahmsiens les plus admirés de sa génération : ses concertos de Brahms chez EMI et son intégrale des sonates de Beethoven chez Denon font référence. Deux fois Grand Prix de l'Académie Charles Cros, commandeur de l'Ordre du mérite culturel de Monaco, il vit aujourd'hui à Monte-Carlo.
Révélé à quatorze ans avec l'Orchestre de Philadelphie, le violoniste américain conjugue virtuosité éclatante et sonorité chaleureuse. Directeur musical de l'Academy of St Martin in the Fields depuis 2011, il joue le Stradivarius « Gibson ex-Huberman » de 1713, instrument au passé rocambolesque. On se souvient de son expérience de 2007 : jouant incognito dans le métro de Washington, il ne fut presque pas remarqué, une parabole sur l'écoute et l'attention que le monde entier a commentée.
Violoncelliste hongrois à la technique légendaire, rescapé des persécutions qui lui coûtèrent ses deux frères, il fut violoncelle solo à Dallas, au Metropolitan Opera puis au Chicago Symphony avant de se consacrer au concert et à l'enseignement. Sa pédagogie, à l'Université d'Indiana, a formé des générations d'instrumentistes venus du monde entier. Son enregistrement des Suites de Bach lui valut un Grammy en 1998, couronnement d'une vie passée à chercher la justesse absolue du geste.
Il a fait entrer la guitare classique et le luth dans les plus grandes salles. Redécouvreur du répertoire élisabéthain, il suscita aussi une floraison d'œuvres nouvelles : Britten écrivit pour lui le Nocturnal, Walton, Tippett, Henze et Rodrigo lui dédièrent des pages majeures. Son jeu, à la fois charnu et d'une intelligence rare, a durablement changé l'idée que l'on se faisait de son instrument.
Musicien suisse total, il a purement et simplement réinventé son instrument. Berio, Stockhausen, Lutosławski, Henze et Carter ont écrit pour lui, séduits par une virtuosité et une palette de sons inouïes. Compositeur majeur, son Scardanelli-Zyklus, d'après Hölderlin, en témoigne, il est aussi chef d'orchestre. Formé au hautbois auprès de Pierre Pierlot et à la composition auprès de Sándor Veress et de Pierre Boulez, il incarne l'exigence de la modernité helvétique.
Né à Neuchâtel, il devient à vingt-quatre ans flûte solo du Philharmonique de Berlin, sous la baguette de Furtwängler puis de Karajan, avant de quitter l'orchestre pour la carrière de soliste et l'enseignement. Défenseur passionné de la musique de son temps, il a inspiré Ligeti, Takemitsu, Denisov et Holliger. Il fut l'un des plus grands pédagogues de son instrument, formant des flûtistes dans le monde entier.
Figure tutélaire de la vie musicale romande, il fonde en 1961 l'Ensemble Vocal de Lausanne, qu'il dirigera un demi-siècle durant. Son Monteverdi, l'Orfeo, les Vêpres, fit référence dans toute l'Europe, comme ses Bach, son Requiem de Fauré et celui de Mozart, gravés pour Erato. Chef au geste chaleureux et à l'oreille infaillible, il a formé des générations de chanteurs et donné à Lausanne un rayonnement choral international.
Née à Lausanne en 1937 dans une famille de violonistes, elle se forme au Conservatoire de La Chaux-de-Fonds auprès d'Élise Faller, puis à l'Akademie für Musik de Vienne, où elle étudie le clavecin et la basse continue avec Eta Harich-Schneider avant de suivre le cours d'interprétation de Gustav Leonhardt. Lauréate du Concours international de Munich en 1958, du prix de soliste de l'Association suisse des musiciens et des prix de clavecin et de basse chiffrée de Bruges, elle enseigne dès 1962 au Conservatoire de Lausanne, puis à celui de Genève de 1975 jusqu'à sa mort.
Plus de huit cents concerts sur quatre continents, cent vingt enregistrements, et une longue complicité de chambriste avec Aurèle Nicolet et Heinz Holliger, tous deux passés eux aussi par Montbenon. Son monument reste l'intégrale de l'œuvre pour clavecin seul de Bach, gravée entre 1979 et 1992, où elle fit place aux pages négligées et aux transcriptions du maître pour clavecin-luth. Elle s'est éteinte à Rivaz en 1999.
Né à Beyrouth en 1958 dans une famille de musiciens, son père compositeur, sa mère la chanteuse Wedad, il commence le piano à neuf ans auprès de Zvart Sarkissian, élève de Marguerite Long. À seize ans, il entre au Conservatoire National Supérieur de Paris dans la classe de Pierre Sancan, dont il sort avec quatre premiers prix : piano, musique de chambre, harmonie et contrepoint. En juin 1978, à dix-neuf ans, il remporte le Concours Reine Élisabeth de Bruxelles à l'unanimité du jury, ainsi que le Prix du public. Depuis, il parcourt les plus grandes salles du monde, servant Beethoven, Chopin et Prokofiev avec une clarté et une droiture qui n'appartiennent qu'à lui. Il est également compositeur.
Né en 1970, il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris à 13 ans et travaille avec Pierre Fournier, Paul Tortelier et Janos Starker. Initiateur de Vocello (violoncelle et chœur a cappella), il intervient depuis 2012 à l'Université Populaire de Caen aux côtés de Michel Onfray. Lauréat du Prix de la Fondation Simone et Cino del Duca, il enseigne à l'École Normale de Musique de Paris Alfred Cortot. Il joue un violoncelle de Goffredo Cappa de 1700.
Née en 1968 à Roussé, sur les rives bulgares du Danube, elle remporte à dix ans le Grand Prix du Concours national bulgare de piano. Après le conservatoire de sa ville natale et l'Académie de Sofia, elle se perfectionne à Vienne auprès de Paul Badura-Skoda, puis à Amsterdam chez Jan Wijn, et, dix années durant, auprès de György Sebök. Deux de ses maîtres, Badura-Skoda et Sebök, ont eux aussi joué à Montbenon. Finaliste du Concours Clara Haskil, lauréate Juventus du Conseil de l'Europe, elle s'établit aux Pays-Bas en 1990. Son Rachmaninov, et particulièrement les Études-Tableaux, a marqué les mémoires du Concertgebouw d'Amsterdam.
Piano · 27 octobre 2022 · 21 novembre 2024 · 4 février 2026
Née à Zurich, elle se forme au Conservatoire de Lausanne dans la classe de Brigitte Meyer, puis travaille la musique de chambre auprès de Walter Levin, du Quatuor LaSalle, à la Musik-Akademie de Bâle, avant de se perfectionner avec Vitaly Margulis. Lauréate de nombreux concours, dont le premier prix du concours international de musique de chambre Charles Hennen aux Pays-Bas, elle joue en 2004 au Festival de Lucerne sous la direction de Claudio Abbado. Son répertoire va de Bach aux contemporains, avec une prédilection pour Mozart, Schubert, Liszt et le XXe siècle : elle a entrepris l'intégrale de l'œuvre pour piano de Paul Hindemith.
Né à Lausanne en 1959, il travaille le piano au Conservatoire de sa ville avec Fausto Zadra, lui-même élève de Scaramuzza, et y obtient un Premier Prix de virtuosité. Suivent trois années à Paris auprès de Pierre Sancan, dont il devient l'assistant, puis des rencontres décisives avec Bruno Seidlhofer à Vienne, qui fut aussi le maître de Brigitte Meyer, et avec Carlo Zecchi à Rome, lequel l'encourage à aborder l'intégrale des concertos de Mozart.
Son premier disque, consacré aux œuvres pour piano et orchestre de Frank Martin, lui vaut en 1986 le Grand Prix international du Disque de l'Académie Charles Cros. Il se produit depuis dans une vingtaine de pays sur quatre continents. Chef d'orchestre dès 1988, il fut chef invité permanent de la Philharmonie de Timișoara de 1993 à 2002, dirigeant souvent du clavier. Médaille Dinu Lipatti de l'UNESCO, membre de l'Académie d'Europe centrale des sciences et des arts, il a gravé plus de vingt disques, de Debussy à Honegger et Busoni. Il enseigne le piano à la Haute École de Musique de Lausanne, où il est doyen du département.
Piano & composition · 13 mai 2022 · 26 février 2025
Née en 1985 en Valais, elle étudie au Conservatoire de Sion puis à celui de Lausanne, avant de rejoindre à seize ans la Fondation Heinrich Neuhaus de Zurich auprès d'Esther Yellin. Suivent cinq années à Berlin, à la Hochschule Hanns Eisler, dans la classe de Galina Iwanzowa, à qui elle attribue tout son pianisme, puis un perfectionnement à Dublin auprès de John O'Conor, élève de Kempff. Lauréate suisse du concours Eurovision des Jeunes Musiciens en 2002, elle joue en soliste avec l'English Chamber Orchestra et le Staatsorchester de Basse-Saxe.
Ses transcriptions pour piano des symphonies de Mahler l'ont menée du Konzerthaus de Vienne au Wigmore Hall de Londres ; Le Monde a écrit qu'elle changeait « l'or solide de l'orchestre en or liquide du piano ». Compositrice autant qu'interprète, elle a signé une paraphrase sur La Nuit transfigurée de Schoenberg et la musique du spectacle sur glace de Stéphane Lambiel. Elle a fondé et dirige le festival Les Ondes à Monthey, et enregistre pour La Dolce Volta après Aparté.
Direction, Orchestre Musique des Lumières · Fidèle de la Salle Paderewski · 10 février 2027
Né à Buenos Aires, il se forme dans sa ville natale puis à la Schola Cantorum Basiliensis, et s'établit en Suisse en 1996. Il commence sa carrière comme chanteur au sein du Schweizer Kammerchor et des Basler Madrigalisten, sous la direction d'Abbado, Gergiev, Rattle ou Armin Jordan, avant de passer à la baguette.
En 2001, il fonde Musique des Lumières, dont il crée l'orchestre en 2004 et qu'il dirige depuis, dans le Jura. Chef principal invité de l'Opéra national d'Arménie de 2006 à 2008, il fait ses débuts au Mariinsky en 2014 avec Faust, et prend en 2020 la direction artistique du Basler Gesangverein, le plus ancien chœur mixte de concert de Suisse. Artiste exclusif du label IBS Classical, il a été distingué « chef d'orchestre argentin de la décennie » par la Fondation KONEX.
À Montbenon, il revient saison après saison, notamment avec les lauréats du Concours de Lausanne.
Né à Calais, il commence le piano à cinq ans auprès de Renée Entremont, puis travaille avec Yvonne Loriod, Pierre Reach et Roger Muraro, et obtient ses diplômes au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris ainsi qu'à la Hochschule für Musik de Hanovre. Lauréat des concours de Porto, Cleveland, Tokyo et Milan, il remporte en 1996 le Grand Prix international Maria Callas d'Athènes, au terme d'une épreuve où il joua dix concertos.
Il s'est produit Salle Pleyel, à la Scala de Milan et au Konzerthaus de Vienne, et tourne régulièrement en Asie et aux États-Unis. Chambriste recherché, il joue notamment avec Brigitte Meyer, le clarinettiste Florent Héau, le Quatuor Psophos et Henri Demarquette. Professeur de piano à la Haute École de Musique de Lausanne depuis 2010, il dirige depuis 2022 le département Piano et accompagnement de la HEMU Vaud-Valais-Fribourg.
Violoncelle, membre du comité de l'ACM · 10 septembre 2025 · 7 janvier 2026
Violoncelliste du Swiss Piano Trio dès 2000, 1er Prix du Concours International de Caltanissetta, 1er Prix du Concours International Brahms, Swiss Ambassador's Award, il parcourt le monde seize ans durant, donnant des centaines de concerts dans une cinquantaine de pays. Il développe ensuite le répertoire en duo avec le guitariste André Fischer (duo Singer & Fischer) et joue avec Brigitte Meyer, Guy Bovet et bien d'autres. Membre du Streiff Quartet depuis 2021, il a enregistré pour SwissPan, Audite et Claves.
Fidèle parmi les fidèles de la Salle Paderewski, il met aujourd'hui son énergie au service de l'association en tant que membre du comité de l'ACM.
Crédits photographiques :
Martha Argerich, Adriano Heitmann / Prensa TV Pública, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons · Yehudi Menuhin, Allan Warren, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons · Daniel Barenboïm, Raimond Spekking, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · Nikolaus Harnoncourt, Marcel Antonisse / Anefo (Nationaal Archief), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons · Teresa Berganza, Radiocorriere, 1957, domaine public · Maria João Pires, Governo de Sergipe (Secom), CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons · Ivo Pogorelich, Larabezo, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · Bruno-Leonardo Gelber, Ministerio de Cultura de la Nación (Argentine), CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons · Joshua Bell, Alexduff, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons · Janos Starker, David Webber, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons · Julian Bream, S. Hurok, 1964, domaine public · Heinz Holliger, Willy Pragher / Landesarchiv Baden-Württemberg, CC BY 4.0 (Donaueschingen, 1963), via Wikimedia Commons · Michel Corboz, Pymouss, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons · Abdel Rahman el Bacha, DaiFh, CC BY 2.5, via Wikimedia Commons · Henri Demarquette, Jean Weber (INRA), CC BY 2.0, via Wikimedia Commons · Jean-François Antonioli, Laurent Dubois, BCU Lausanne, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons · Pascal Godart, Pgodart, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · Sébastien Singer, Anita Schläfli